compte rendu

Compte rendu du parcours « Patrimoine culturel »
Dans le cadre des Rencontres Tunisiennes qui se sont tenues à Gammarth les 20 et 21 mai, et nous avons eu l’honneur d’accueillir des intervenants de qualité au cours la session sur le patrimoine. Ils nous présenté selon des perspectives très différentes les stratégies de valorisation des biens culturels. Mais loin des formalités des colloques scientifiques ordinaires, l’atelier sur le patrimoine a été un moment riche en discussions grâce à la participation active du public aux débats.

Dans cette session co-organisée par l’association tunisienne pour la sauvegarde des musées et des sites archéologiques « Tourath », le patrimoine a été considéré dans toute sa diversité (archéologique et architectural, culinaire, poétique…).

Un focus particulier a été fait sur le patrimoine archéologique et monumental en Tunisie. La question de sa valorisation a été abordée de manière globale et en lien avec les stratégies de développement du tourisme culturel.

La nécessité de bien connaitre les biens et les produits culturels existants a été mise en évidence comme une nécessité pour établir la meilleure stratégie de valorisation possible. En parlant de la création de circuits touristiques, monsieur Habib Ben Younes, directeur de recherches à l’Institut National du Patrimoine, a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place une véritable politique d’information, de communication et de publicité qui devrait passer par différents supports tels que des CD, des ouvrages et internet mais surtout par la formation et la mise à disposition du public de guides professionnels. Il a insisté sur la nécessité de créer une offre de circuits variée et personnalisée qui s’adapte aux caractéristiques et aux besoins des touristes selon leur pays d’origine, la durée du séjour, les services appréciés.

L’importance de la mise en place d’infrastructure d’accueil (restaurants, cafés, hôtels, gîtes, maison d’hôtes…) et d’une bonne signalétique a été mise en avant par plusieurs intervenants.

La valorisation du patrimoine et sa protection ne peut se faire que dans le cadre d’un partenariat entre le secteur public et le secteur privé mais aussi avec la participation des populations locales. C’est dans ce cadre qu’intervient la participation du président de l’association Tourath, Rejeb Elloumi. Il souligna la nécessité d’associer le monde de l’entreprise aux questions de sauvegarde du patrimoine à travers les investissements économiques autour des sites, la mise en place d’un cadre juridique approprié pour permettre la gestion privée du patrimoine et surtout à travers l’encouragement du mécénat culturel. Tout en présentant les avantages du mécénat pour les entreprises, il insista sur l’importance de développer aussi le mécénat populaire et en expliqua les modalités afin que tous les Tunisiens, quels que soient leurs moyens financiers, puissent participer à des actions citoyennes de valorisation de notre richesse culturelle.

L’attention a aussi été portée sur la nécessité d’effectuer un recensement de tous les monuments connus et méconnus du public et de centraliser les informations dans un site internet. Celui-ci devrait proposer des introductions générales pour chaque site ainsi que des fiches descriptives contenants des informations beaucoup plus approfondies.

Concernant le patrimoine culinaire, la sociologue Faouzia Bourissa nous a fait une présentation de l’évolution des pratiques culinaires en Tunisie tant au niveau qualitatif que quantitatif en montrant comment le comportement alimentaire est non seulement biologiquement déterminé et construit mais aussi socialement et culturellement.

Monsieur Jean Yves Moisserons nous a montré comment un patrimoine culturel spécifique, en l’occurrence musulman, pouvait s’intégrer dans le patrimoine mondial à travers une analyse de l’influence du soufisme, courant mystique musulman, sur la poésie de Goethe.

Tous les participants ont souligné l’importance de l’engagement de toutes les forces vives du pays (associations, universitaires…) dans la protection et la valorisation du patrimoine ainsi que la nécessité de conjuguer les efforts de l’Etat et de la société civile pour atteindre ces objectifs.

Pour finir, monsieur Ahmed Ben Abdallah, chef du service UNESCO et secrétaire général adjoint, qui malheureusement n’a pas pu assister à la session, nous a envoyé son intervention. Il a mis en évidence le rôle d’une institution internationale comme l’UNESCO dans la préservation du patrimoine national en nous expliquant le processus d’inscription sur la liste du Patrimoine mondial et ses implications.

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